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la Création Société Au Maroc

Le secteur électrique et électronique au Maroc

Selon la nomenclature du Ministère de l'Industrie, le secteur électrique-électronique, qui fait partie des Industries mécanique, métallurgique, électrique et électronique (IMME), est regroupé en deux grands sous secteurs : celui électrique, représenté par la branche "Machines et appareils électriques" et celui électronique, représenté par deux branches "Equipements de radio, télévision et communication" et "Instruments médicaux, instruments de précision d'optique et d'horlogerie".

 

A - Chiffres clés du secteur

1) Situation agrégée du secteur

Selon les statistiques de 2003, sur les 7.714 entreprises du secteur industriel, répertoriées par le Ministère de l'Industrie, 193 exercent leur activité dans le secteur électrique-électronique, soit 2,5% du total.

Avec une production s'élevant à 10,3 Md.Dh pour l'année 2003, ce secteur réalise un peu plus de 5,7% de la production industrielle totale (qui dépasse 178 Md.Dh).

Le secteur électrique-électronique génère une forte valeur ajoutée. En effet, en 2003, il a réalisé près de 3,2 Md.Dh, soit 5,6% du total des industries de transformation.

Les investissements dans ce secteur ont totalisé 507 M.Dh ou 4,5% du total des investissements dans l'industrie, dont plus 1,1 Md.Dh de capitaux étrangers. Ces derniers ont accusé une baisse de 5% par rapport à 2002.

L'emploi dans le secteur électrique-électronique, constitué par plus de 50% de femmes sur un total de près de 31.000 personnes, représente 6,3% des postes de travail de l’ensemble des industries de transformation du Royaume.

Parmi les 193 entreprises qui existaient en 2003, près de 160 petites ou moyennes entreprises composaient le tissu productif industriel (PMI), soit plus de 84% de l'ensemble du secteur électrique-électronique. Cette donnée reflète fidèlement la proportion des PMI dans l'ensemble des entreprises industrielles marocaines, qui avoisine 90%.

Au vu de l'importance que prennent les PMI dans ce secteur, il serait pertinent d'examiner quelques caractéristiques relatives aux PMI du secteur électrique-électronique.

Malgré la proportion élevée du nombre de PMI, elles apparaissent, quant aux autres caractéristiques macroéconomiques, bien moins significatives.

En effet, les PMI n’ont réalisé, en 2003, que 16,2% de la production des industries électriques-électroniques et contribué pour seulement 18% dans la valeur ajoutée et dans l'emploi. Elles exportent peu (seulement 2,2% des exportations du secteur) et investissent à hauteur de 27,2% des investissements totaux desdites industries.

Par ailleurs, il convient de souligner que le nombre d'entreprises à participation étrangère (EPE) dans l'ensemble du secteur industriel s'élève à plus de 930 unités (un peu plus de 12% du total des entreprises industrielles).

Près de 53 EPE sont recensées dans le secteur électrique-électronique, soit presque 30% de l'ensemble des unités industrielles du secteur. Peu représentatives en nombre, en comparaison avec l'importance des PMI, les 53 EPE réalisent, cependant, près de 80% du chiffre d'affaires de l'ensemble des industries électriques-électroniques, environ 66% des investissements, 97% des exportations, 79% de la valeur ajoutée et emploient 24.724 personnes ou 80% de l'effectif total.

2) la branche électrique

La branche électrique, qui compte environ 2.000 entreprises pour seulement quelques 151 sociétés organisées, recensées par le Ministère de l’Industrie, a réalisé 9.603 M.Dh de chiffre d’affaires en 2003 (86,4% du secteur électrique-électronique), 5.550 M.Dh d’exportations (81,8%), 478 M.Dh d’investissements (94,4%) et 8.830 M.Dh de production (85,7%).

Cette branche est ventilée en 6 sous-branches, dont les principales sont : Autres matériels électriques, matériels de distribution et de commande électrique et accumulateurs et piles électriques.

En termes de production, la sous-branche “Autres matériels électriques” est la plus importante, puisqu’avec 5.297 M.Dh, elle participe à hauteur de 60% dans la production du secteur électrique et représente 90% des exportations et 59% des investissements de l’ensemble des “Machines et appareils électriques”.

Répartition par sous branches du Chiffre d'affaires de la branche électrique en 2003 Malgré une production moins importante, la sous-branche “Matériels de distribution et de commande électrique” a réalisé de bonnes performances sur les données totales de la branche électrique : 14% de la production, 6% des exportations et 14% des investissements.

La sous-branche “accumulateurs et piles électriques”, quant à elle, a contribué par 11% dans la production totale de la branche électrique, 1% dans les exportations et 5% dans les investissements.

3) la branche électronique

La branche électronique, qui compte selon les statistiques officielles du Ministère de l'Industrie 42 entreprises déclarées, se compose de deux sous-branches: "Equipements de radio, télévision et communication" et "Instruments médicaux, instruments de précision d'optique et d'horlogerie". Elle a réalisé 1.515 M.Dh de chiffre d'affaires en 2003 (13,6% du secteur électrique-électronique), 1.231 M.Dh d'exportations (18,2%, 28 M.Dh d'investissements (5,6%) et 1.478 M.Dh de production (14,3%).

La branche électronique au Maroc se compose, principalement, de la sous-branche des composants électroniques, notamment les semi-conducteurs (diodes, transistors, triacs, circuits intégrés et filtres).

La production de la branche électronique est quasi-exclusivement orientée vers l'exportation. 83% des produits électroniques ont été exportés en 2003, principalement, vers la France (plus de 99% du total). En seulement quelques années, le Maroc est passé du statut d'importateur à celui d'exportateur de composants électroniques.

- Equipements de radio, télévision et communication

Cette sous branche incorpore trois rubriques dont la plus importante est "Composants électroniques", suivie des "Appareils d'émission et de transmission du son et de l'image" et des "Appareils de réception, enregistrement ou reproduction du son et de l'image".

La sous branche "Equipements de radio, télévision et communication" a réalisé 1.248 M.Dh de chiffre d'affaires (11,2% du total), 1.230 M.Dh de production (1,2%), 18 M.Dh d'investissements (3,5%) et 1.202 M.Dh d’exportations (18%).

Répartition du chiffre d'Affaires de la branche électronique en 2003 Les composants électroniques ont contribué, en 2003, pour 79% (1.201 M.Dh) dans le chiffre d'affaire globale de la branche électronique, 80% dans la production (1.183 M.Dh), 49% dans les investissements (14 M.Dh) et 96% de la valeur totale des exportations (1.178 M.Dh).

- Instruments médicaux, instruments de précision d'optique et d'horlogerie

On retrouve sous cette sous-branche les rubriques suivantes : "Fabrication de matériels médico-chirurgical et d'orthopédie", "Fabrication d'instruments de mesure et de contrôle" et enfin "Fabrication de matériels optique et photographique".

Les activités de cette sous branche sont peu développées :

268 M.Dh de chiffre d'affaires (2,4% du total du secteur),

248 M.Dh de production (2,4%), 10 M.Dh d'investissements (2,1%) et 29 M.Dh d’exportations (0,5%).

Les instruments de mesure et de contrôle, principale rubrique de cette sous-branche, ont contribué en 2003 pour 2,1% (229 M.Dh) dans le chiffre d'affaires globale de la branche électronique, 2,1% dans la production (213 M.Dh), 1,7% dans les investissements (8 M.Dh) et 0,4% de la valeur totale des exportations (26 M.Dh).

4) Echanges Commerciaux

Importations

Selon les statistiques établies par l’Office des Changes, les importations du secteur en 2003 se sont inscrites en hausse de 26% par rapport à 2002, atteignant un peu plus de 4.800 M.Dh.

Elles portent à hauteur de 35% sur les fils et câbles électriques, 38% sur les appareils de coupure électrique et 14% sur les appareils électriques destinés à la téléphonie. Ces derniers ont accusé une diminution de 35% en valeur par rapport à l'année 2000 en raison de la forte augmentation de la production de STMicroelectronics, suite à l'ouverture de son troisième site à Bouskoura.

Les importations de machines génératrices et moteurs électriques représentent 13% du total.

En 2003, elles ont plus que doublé par rapport à 2002.

Le principal fournisseur du Maroc reste sans doute la France avec l'équivalent de 1.004 M.Dh d'appareils de coupure électrique (54% du total), 126 M.Dh de fils et câbles électriques (21%), 460 M.Dh de fils et câbles pour l'électricité (44%) et 268 M.Dh de machines génératrices et moteurs électriques (42%).

L'Espagne arrive en deuxième position avec 317 M.Dh d'appareils de coupure électrique (17% du total), 143 M.Dh de fils et câbles électriques (24%), 255 M.Dh de fils et câbles pour l'électricité (25%) et 69 M.Dh de machines génératrices et moteurs électriques (11%).

Les importations en provenance de certains pays comme la Corée du Sud, la Malaisie, le Singapour, le Japon, l'Allemagne et la Thaïlande, commencent à devenir de plus en plus importantes ces dernières années.

Exportations

Selon la même source, les exportations du secteur électrique-électronique s'élèvent à près de 9.600 M.Dh en 2003, en hausse de 2,4% contre +30% en 2002.

Ce ralentissement du rythme de progression s'explique par la combinaison d'une hausse de 3,8% des exportations de composants électroniques et de 4,9% de celles des fils et câbles pour l'électricité et ce, au moment où les expéditions de sous-systèmes électroniques ont réalisé une contre performance de 30% en 2003 contre une augmentation du même ordre l'année antérieure.

Notons également que la part des exportations du secteur dans le total des exportations nationales est ainsi passée de 7% en 1998 à 11,8% en 2003.

La répartition des exportations par pays montre la prédominance de la France vers laquelle le Maroc a exporté pour 5.690 M.Dh de composants électroniques (99% du total), 1.747 M.Dh de fils et câbles pour l'électricité (46%) et 357 M.Dh de sous-systèmes électroniques (99%).

L'Espagne arrive en seconde position en 2003, absorbant plus de 34% des ventes de fils et câbles pour l'électricité, soit 1.332 M.Dh.

Le Maroc exporte également, mais de manière beaucoup moins importante, vers certains pays comme l'Italie, le Portugal ainsi que quelques pays africains.

 

B - Caractéristiques du secteur

Atouts du secteur

Les atouts dont le Maroc dispose pour le développement du secteur électrique-électronique sont multiples :

Proximité de l'Europe

La proximité du marché européen, en développement continu et ayant une capacité d'absorption élevée, constitue un levier du développement du secteur en termes d'exportation.

Infrastructures et services de bon niveau

Le secteur bénéficie également d’infrastructures en modernisation constante, en termes d'alimentation électrique, de télécommunications et de transports...

Main d'œuvre qualifiée, abondante et bon marché

Le secteur emploie plus de 30.000 travailleurs dont près de 16.000 femmes.

STMicroelectronics emploie 4.900 personnes (nombre qui pourrait atteindre les 6.000 lorsque le site de Bouskoura sera pleinement opérationnel) dont 65% ayant un niveau baccalauréat ou plus.

Il y a lieu de signaler aussi la pratique de formations internes (en partenariat avec de nombreuses universités du pays et de l'étranger) et la rotation du métier/job au sein de l'entreprise.

Stabilité politique du pays

La stabilité économique et politique du Royaume influence positivement le choix des investisseurs étrangers en termes d'implantation.

D'autres atouts du secteur sont à signaler tels que des règles d'imposition attractives ainsi que des avantages sur le plan douanier, un gouvernement qui encourage les investissements par le biais du Fonds Hassan II pour le développement économique et social et un important réseau de fournisseurs locaux installés au Maroc grâce à la compétitivité du pays.

 

C - Incitations Publiques

1. Programme d'Electrification Rurale Global (PERG)

Avec le Programme National d’Electrification Rurale (PNER), initié par l’ONE et s’étalant sur la période 1978-1995, le taux d’électrification rurale (TER) a atteint seulement 18%.

L’année 1996 voit le lancement du Programme d’Electrification Rurale Globale (PERG), approuvé en Conseil de Gouvernement en août 1995. Initialement, l’objectif était de généraliser à l’horizon 2010 l’électrification de 1,5 million de foyers ruraux marocains (100.000 foyers par an).

Au vu de l’énorme succès rencontré, et pour répondre à la forte demande de la population, l’ONE a affiché sa volonté d’accélérer le rythme des réalisations pour que le taux-cible d’électrification rurale soit atteint à l’horizon 2007, avec 3 années d’avance.

Trois directives conditionnent ce projet pour lui donner une dimension globale :

- Globalité territoriale : toucher l’ensemble des foyers du Royaume (même les régions gérées par des régies). L’objectif est d’équilibrer le taux d’électrification au niveau national en couvrant les provinces faiblement ou moyennement desservies par le réseau ;

- Globalité technique : diversifier l’ensemble des techniques d’électrification, aussi bien le mode d’électrification par raccordement au réseau, que celui décentralisé (kits photovoltaïques individuels, systèmes éoliens, micro centrales hydrauliques…) ;

- Globalité financière et optimisation des coûts: tous les modes et sources de financement sont utilisés. Trois principaux partenaires pourvoient ce programme : l’ONE (qui finance à hauteur de 55% le montant global de l’investissement), les collectivités locales et les foyers ruraux bénéficiaires.

Sur la période juin 2003 - fin 2007, le taux d’électrification rurale pourrait atteindre 91% par connexion au réseau, pour un montant de 8,6 Md.Dh.

Enfin, il faut noter que l’ONE exécute, également, un programme d’électrification des établissements scolaires en milieu rural et, par le biais d’une convention signée avec le Ministère de la Santé, un autre programme d’électrification de centres de santé dans des régions déjà électrifiées.

2. Participation de l’Etat à l’effort d’investissement

Le Fonds Hassan II pour le développement économique et social compte relancer l’investissement dans le secteur industriel de l’électronique en participant, d’une part à la mise en place d’infrastructures d’accueil pour créer de nouvelles zones industrielles ou pour compléter certaines infrastructures manquantes et d’autre part, à la prise en charge du financement, totale ou partielle, du coût de l’investissement lié au foncier ou aux bâtiments nécessaires à la réalisation de nouveaux projets.

 

D - Perspectives

Le lancement du Programme d’Electrification Rurale Globale est une belle opportunité pour la croissance du secteur.

Pour maintenir la cadence des opérations de ce programme, les entreprises ont doublé leur capacité de production et au vu du rythme accéléré des actions réalisées, le taux ciblé d’électrification rurale pourrait être atteint en 2007.

La production nationale n’est pas exclusivement dédiée à l’ONE, les professionnels du secteur ambitionnent, également, de faire du Maroc une plate-forme d’exportation. Ils mènent actuellement des prospections dans des pays africains où le taux d’électrification ne dépasse pas 5 à 10%.

Aussi, le programme d’habitat social prévoit-il la réalisation de 100.000 logements annuellement. La FENELEC est d’autant plus favorable à ce projet qu’il lui permettra de concrétiser son ambition de lutte contre la contrebande en soumettant les installations électriques des nouveaux logements à des contrôles rigoureux.

Sur un autre registre, le projet Euro-méditerranéen 2010 a pour objectif d’analyser les possibilités d’intégration à grande échelle, dans les Pays Sud-Méditerranéens, de la production de l’électricité solaire et éolienne et ce, dans l’optique d’atteindre, 10 à 12% de participation dans les bilans électriques de ces pays à l’horizon 2010.

Le plan stratégique choisi retrace l’ensemble des possibilités d’exploitation de toutes les formes d’énergies renouvelables existantes : solaire, éolienne, microcentrales hydroélectriques, biomasse… Il prévoit également la mise en œuvre de mesures incitatives, réglementaires et d’accompagnement.

Il est à noter que ces projets sont basés sur une approche et une stratégie qui visent à garantir la disponibilité des produits énergétiques, à rechercher le meilleur coût et à en généraliser l’accès tout en préservant l’environnement.

Le secteur électrique comporte actuellement de réelles opportunités de développement et constitue un pôle d’attraction privilégié pour de nouveaux investisseurs.

Le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications prévoit également un lancement plus prononcé du secteur électrique par le biais, notamment, du développement de la sous-traitance automobile.

Ainsi, la société Delphi, liée à la compagnie américaine General Motors, a réalisé une extension de son unité industrielle.

Source : abhatoo

 

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